La fraude et le vol d’électricité constituent aujourd’hui un défi de taille pour le secteur énergétique guinéen. Manipulation de compteurs, branchements clandestins ou raccordements sans autorisation : ces pratiques illégales sont sévèrement réprimées par la loi et exposent leurs auteurs à des sanctions pénales pouvant aller jusqu’à six mois d’emprisonnement, assorties d’amendes prévues par le Code pénal guinéen.
Souvent justifiées par la hausse du coût de l’électricité, ces pratiques n’en demeurent pas moins dangereuses. Elles accroissent considérablement les risques d’incendie, d’électrocution et fragilisent l’ensemble du réseau électrique national, au détriment des usagers respectueux des règles.
Interrogé sur les implications juridiques de ces infractions, le Dr Yaovi Afadodan apporte des éclairages sur le contentieux auquel s’exposent les contrevenants.

« La fraude à l’électricité, c’est l’ensemble des actes et manœuvres destinés à fausser la consommation d’électricité : manipulation des compteurs, falsification des écritures, raccordement au réseau sans autorisation ni abonnement. L’objectif est d’extraire frauduleusement l’électricité de l’EDG, ce qui est assimilé à un vol d’électricité tel que prévu et puni par le Code pénal guinéen », explique-t-il.
À l’Électricité de Guinée (EDG), la direction juridique rappelle que la loi est claire et appelle les abonnés à se conformer strictement aux règles en vigueur afin d’éviter la rigueur des sanctions.
« Lorsqu’un abonné est découvert en situation de fraude ou de vol d’électricité, la première sanction est la suspension immédiate de la fourniture. Ensuite, une facture de rappel est établie sur la base de l’historique de consommation, suivie d’une facture de faute évaluée en fonction de la consommation estimée », précise le directeur juridique et contentieux de l’EDG.
Face à l’ampleur du phénomène, la Direction générale de l’EDG annonce le renforcement des mesures de protection des installations électriques sur l’ensemble du territoire national.
« Il est formellement interdit à toute personne, électricien ou non, d’accéder aux installations de l’EDG pour effectuer un raccordement. C’est une infraction. Nous prenons des mesures pour protéger nos infrastructures, tout en poursuivant la sensibilisation à travers des conférences et la vulgarisation des textes », souligne le responsable.
À travers ces actions, l’EDG entend rappeler que l’électricité est un bien commun destiné à l’ensemble des Guinéens. Les autorités appellent ainsi les citoyens à adopter des comportements responsables afin de garantir un accès équitable, sécurisé et durable à l’électricité pour tous.
Ibrahima Baba camara